« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

les commandements del'Eglise : Un vendredi à l'hôtel des Trois-Piliers

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

DEUXIÈME PARTIE

Les commandements à pratiquer

TRENTE-SEPTIÈME LEÇON

Les deux premiers commandements de l'Eglise.

Les troisième et quatrième commandements de l'Eglise.

Les cinquième et sixième commandements de l'Eglise.

Un vendredi à l'hôtel des Trois-Piliers.

Nous dînions à la table d'hôte, raconte un journaliste. Mon voisin de gauche était un bon vieux curé auquel, vu son âge, on pardonnait l'originalité d'avoir amené avec lui son chien. Azor, d'ailleurs, était fort bien élevé et restait gravement assis derrière la chaise de son maître. Il y avait en face de nous un gros monsieur qui était le plus habile découpeur que j'aie vu.
Le monsieur ayant mis un chapon en pièces en moins de temps qu'il ne m'en eût fallu pour éplucher une pomme de terre, piqua une aile au bout de sa fourchette, et l'offrit au curé qui remercia et refusa. C'était en effet un vendredi.
— Hé! monsieur le curé, dit le jovial convive, croyez-vous donc que Dieu s'inquiète de savoir si ce que l'homme mange est chair ou poisson? Nous autres philosophes, nous avons de la Divinité des idées plus hautes et plus larges. Allons, acceptez, je vous prie.
Et sous les yeux de vingt convives qui riaient? il offrait au bout de sa fourchette d'argent une aile du poulet doré, rissolé, appétissante.
Le bon curé sourit un peu, parut céder et... prit l'aile, puis se tournant vers son chien, il lui tendit le morceau qui fut happé et croqué en un clin d'œil.
— Hé ! que faites-vous là, Monsieur le curé ! dit le bourgeois ahuri et scandalisé.
— Mon Dieu, répliqua le vieux curé d'un ton bonhomme, je voulais savoir si Azor était philosophe. Voue voyez qu'il l'est et ne s'inquiète pas plus que vous du vendredi et des commandements de l'Eglise.
Ce fut une risée générale jusqu'au fond des cuisines.
Trois ou quatre messieurs, qui avaient commencé à faire gras, attaquèrent les œufs et le poisson, crainte sans doute de passer pour philosophes.
Il se pourrait bien que le bon vieux curé qui, dans son temps, devait assez bien prêcher pourtant, eût fait à l'hôtel des Trois-Piliers son meilleur sermon.

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