« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

DEUXIÈME PARTIE

QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON

Le péché.

QUARANTE-CINQUIEME LEÇON

Les vices ou péchés capitaux.


Berryer corrigé

Berryer, étant enfant et élève au collège de Juilly, était paresseux. Quand ses professeurs le crurent incorrigible, ils s'en vinrent trouver le supérieur et lui dirent :
— Tout est inutile, on ne fera jamais rien de cet enfant.
— C'est bien, répondit le P. Prioleau, qui était un homme de grand sens, faites venir Pierre Berryer.
— Mon enfant, lui dit l'Oratorien, le travail vous ennuie et vous ne voulez pas faire vos devoirs ? Eh bien ! asseyez-vous dans ce fauteuil ; vous me regarderez travailler. Cela ne vous fatiguera pas, et vous ne ferez rien ; mais entendons rien, absolument rien.
— Quelle chance ! se dit Berryer. Plus de dictionnaires! plus de thèmes !
Et le voilà installé chez le directeur. Mille idées mutines gazouillent dans sa tête d'enfant, et pendant une heure il se trouve vraiment très heureux. Quand il eut bien savouré les douceurs de la fainéantise, l'ennui vint le tenter. Timidement, il allongea le bras pour prendre un livre. Mais le père l'arrêta :
— Vous oubliez nos conventions. Lire, c'est faire quelque chose, et vous ne devez rien faire.
Alors Pierre Berryer commença à trouver qu'il était très monotone de ne rien faire. Au bout d'une demi-heure, il hasarda quelques questions. On ne lui répondit pas.. Le supérieur acheva la page commencée, puis il lui dit :
— Vous désirez ne rien faire, moi je désire travailler ; je ne vous trouble point dans votre repos, ne me troublez pas dans mon travail.
Trois heures s'écoulèrent ainsi, dont la dernière lui parut un siècle. Enfin le P. Prioleau se leva, sortit dans le parc pour réciter son bréviaire.
— Je suis sauvé, pensa l'enfant, je vais pouvoir jouer.
Mais quand il voulut s'élancer pour rejoindre ses camarades, le supérieur le retint par le bras :
— Eh quoi! sont-ce là nos conventions? Jouer, c'est faire quelque chose. Restez auprès de moi : nous irons et viendrons d'un bout à l'autre de cette allée ; seulement, vous pourrez vous asseoir quand vous serez fatigué.
Alors l'enfant n'y tint plus : tout en larmes, il promit de se corriger. Il tint parole : il devint un grand avocat, un orateur célèbre, et la gloire du collège de Juilly.

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