« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON

La prière.

CINQUANTIÈME LEÇON

L'oraison dominicale.

CINQUANTE-ET-UNIÈME LEÇON

La salutation angélique.


« C'est impossible ! Je vous dis que je ne mourrai pas ! »

un évêque écossais parcourait à pied les montagnes de son diocèse. La nuit le surprit dans une forêt où il s'était égaré. Après avoir longtemps cherché, il rencontra une chaumière, habitée par une pauvre famille.
Ces braves gens le reçurent sans savoir qui ils possédaient sous leur toit, car l'étranger s'était enveloppé d'un large manteau. L'évêque de son côté ignorait quels étaient ses hôtes.
Etaient-ils catholiques ? Étaient-ils protestants ? Aucun indice n'était là pour éclairer ce doute.
Cependant, après un moment d'une mutuelle réserve, la physionomie de cette humble famille commença à se dessiner et l'évêque put avoir des soupçons favorables. Avec un empressement mêlé de respect, la mère, qui paraissait être veuve, avait mis en mouvement ses nombreux et vigoureux enfants pour offrir à l'étranger une hospitalité convenable. En quelques instants, une modeste table fut dressée, et l'évêque fut invité à prendre le repas très simple, mais copieux et propre. Pendant le repas, la conversation s'engagea avec cette curiosité réservée des gens qui s'abordent pour la première fois. Tout en parlant, l'évêque étudiait son monde.
Il ne tarda pas à s'apercevoir, malgré les efforts qu'on faisait pour se cacher, qu'une grande tristesse accablait ces pauvres gens et que quelque deuil profond les affligeait.
Après avoir hésité quelque peu, l'évêque s'enhardissant leur dit :
— Vous êtes tous bien bons, mais vous me paraissez bien tristes.
Hélas, oui, répondit aussitôt la mère, qui semblait attendre cette question pour se décharger, oui, nous sommes tristes. Ici, à côté de nous, couché sur un pauvre lit, notre vieux père va mourir ; et ce qui nous afflige le plus, c'est qu'il prétend vivre encore, et refuse obstinément de se préparer à la mort.
— Pourrais-je le voir ? demanda l'évêque ému et surpris.
— Volontiers, répondit la femme, avec cette confiance qui est le propre des âmes affligées.
Et de suite elle introduisit son hôte dans la petite chambre du malade.
Effectivement, le vieillard était réduit à l'extrémité : la mort semblait n'avoir plus qu'un pas à faire pour l'atteindre, et le malade ne voulait pas mourir.
A la première allusion que fit l'évêque à son état, il sembla retrouver toute sa vigueur et répondit avec force :
— Non, je ne mourrai pas.
— Mais, mon ami, songez-y donc ; nous devons tous mourir, et votre maladie jointe à votre âge...
— Je vous dis que je ne mourrai pas ! C'est impossible.
Et à toutes les réflexions qu'on lui opposa pour le persuader, ce fut son invariable réponse : — Je ne mourrai pas ! je ne mourrai pas encore! »
— Mais, lui dit enfin l'évêque, me direz-vous pour quelle raison, n'ayant plus qu'un souffle de vie, vous prétendez ne pas mourir ?
A cette question, le moribond sembla frappé, et jetant sur son interlocuteur un regard plein de vie, il lui dit d'un ton profondément ému :
— Monsieur, êtes-vous catholique ?
— Oui, je le suis, répondit l'évêque.
— En ce cas, dit le malade, je vous dirai pourquoi je ne mourrai pas.
En ramassant toute son énergie, il se leva sur son séant, et lui dit d'une voix mourante, mais encore forte :
— Je suis catholique aussi, Monsieur. Depuis ma première communion jusqu'aujourd'hui, je n'ai jamais manqué de demander chaque jour à la sainte Vierge la grâce de ne pas mourir sans avoir un prêtre à mon lit de mort, vous croyez que ma mère pourrait ne pas m'exaucer ? C'est impossible ! c'est impossible! Je ne mourrai pas.
Mon enfant, s'écria alors l'évêque, touché jusqu'au fond de l'âme, mon enfant, vous êtes exaucé. Celui qui vous parle est plus qu'un prêtre, c'est votre évêque. La sainte Vierge elle-même l'a conduit à travers les forêts pour recueillir votre dernier soupir.
Et, ouvrant son manteau, il fit briller aux yeux du vieillard sa croix pastorale. A cette vue, le malade transporté de joie s'écria : « O Marie, ô ma bonne Mère, je vous remercie! » Puis se tournant vers l'évêque « Confessez-moi, dit-il ; maintenant je crois que je vais mourir. » Quelques instants après, purifié une dernière fois, il mourait en prédestiné.

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