« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON

Les sacrements en général.

CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON

Le baptême.

CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON

La confirmation.

Le petit prédicateur

C'était à Mainsat (Creuse) le 17 avril 1872. Mgr Duquesnay, évêque de Limoges, venait d'arriver ; il était déjà très tard, mais sans trop compter avec la fatigue du jour, après être passé sous les arcs de triomphe élevés tout le long du bourg, après avoir remercié et béni, du haut de la chaire, les populations accourues pour saluer leur premier pasteur, le prélat, selon son habitude, voulut faire sa première visite aux pauvres ; il se dirigea vers l'hospice. Les bonnes Sœurs de Saint-Vincent de Paul l'attendaient sur le seuil de leur demeure ; après les pauvres, elles présentèrent les enfants de leurs classes, puis vint le tour des petits de l'asile. C'était une charmante phalange composée de frais visages et de mines réjouies et ouvertes. Tout à coup, l'un d'eux se détache de la bande, vient se mettre à genoux aux pieds l'évêque, et, joignant les mains, il lui dit ;

« Monseigneur, je suis votre petit prédicateur !

— Mon petit prédicateur, dit Monseigneur, c'est très heureux! tu me seras d'un grand secours ; mais, voyons ton sermon.

— Mon sermon n'a que deux points. » Là-dessus, le petit discoureur d'analyser son sermon, qui, en effet, n'avait que deux points et se terminait par cette demande toute paternelle :

« Monseigneur, donnez-moi votre bénédiction.

— Ma bénédiction, je te la donne de grand cœur, mon enfant », dit l'évêque. Puis, élevant sa main, il bénit le petit garçon.
Mais celui-ci, poussant un peu loin ses prétentions et sa reconnaissance, crut qu'il n'avait rien de mieux à l'aire que de rendre à l'évêque ce que l'évêque lui donnait avec tant de bienveillance. Il élève donc à son tour et d'un air fort grave, je vous assure, sa petite main, et fait mine de vouloir bénir Monseigneur.

« Parfait ! mon petit garçon, dit le prélat, au milieu des rires et des applaudissements de l'assemblée, parfait! Je vois que non seulement tu es prédicateur, mais tu aspires aussi à faire un peu l'évêque. Eh bien ! c'est moi probablement qui suis chargé de tirer la conclusion de ton sermon, et sans doute, sous forme de conclusion, je dois te donner des bonbons et des dragées !

— Non, Monseigneur, je ne vous demande pas de bonbons.

Une image alors ?

— Ni bonbons, ni image, Monseigneur ; une plus grande chose : je voudrais avoir le bonheur d'être confirmé demain!... »

Cet enfant n'avait que six ans et demi.

« Etre confirmé demain ! répéta Monseigneur... Mais il y avait dans le ton avec lequel fut proférée cette demande tant d'assurance, la confiance éclatait si bien dans ce regard qui sollicitait le prélat, que Sa Grandeur, se tournant vers M. le curé, lui dit :

« Est-ce sérieux ?

— Très sérieux, Monseigneur, répondit le curé ; cet enfant sait très bien son catéchisme, puis il s'est bien préparé depuis plusieurs mois.

— On me dit que c'est sérieux, reprit Monseigneur. Eh bien ! tant mieux. Mais alors je mets une condition à cette extraordinaire faveur : demain, mon petit ami, je te ferai passer un examen à l'église, devant toute la paroisse réunie, et si tu réponds bien aux questions que je t'adresserai, je prends l'engagement de te donner la Confirmation. »
Le lendemain, l'église de Mainsat s'ouvrait devant les premiers communiants de la paroisse et ceux d'une paroisse voisine. Après la messe, Monseigneur annonça qu'il allait examiner les enfants des deux paroisses. Sa Grandeur pénétra au milieu des rangs. Nous ne saurions dire d'où partirent les meilleures réponses aux questions posées par Monseigneur ; ce que nous pouvons affirmer, c'est que filles et garçons savent très bien leur catéchisme à Mainsat.
Quand l'examen fut terminé, le petit prédicateur ne paraissait pas. Monseigneur se tourna alors vers l’assemblée et demanda :

« Où est donc mon petit prédicateur ? »

Il accourt, aussi calme et assuré que la veille.
Monseigneur le prend dans ses bras et le place lui-même sur un escabeau ; puis il l'interroge sur la prière, sur les quatre parties du catéchisme. C'était merveille de voir avec quelle assurance ce petit enfant attendait les questions de l'évêque, avec quel air dégagé et modeste à la fois il y répondait, de manière à mériter cinq ou six fois la mention Très bien, que la voix épiscopale semblait faire résonner avec une satisfaction toute paternelle. « Eh bien ! mon petit prédicateur, puisque tu as tenu ton engagement, dit Sa Grandeur, puisque d'ailleurs on me donne de si bonnes notes sur ta conduite, je te reçois, et tu seras confirmé. »
Inutile de dire que le père et la mère étaient là, et qu'ils pleuraient de joie toutes les larmes de leurs yeux.
« Toutefois, reprit Monseigneur, avant de te confirmer, je veux te faire encore quelques questions. Dis-moi, mon enfant, aimes-tu bien le bon Dieu ?

— Je l'aime de tout mon cœur, répondit l'enfant.

— Mais l'aimeras-tu toujours ainsi ?

— Je l'aimerai toujours !
Et quand tu seras grand, bien grand, dis-moi, auras-tu honte de dire et de prouver que tu aimes le bon Dieu ?

— Je n'aurai jamais honte.

— Tu me le promets ?
— Oui, Monseigneur, dit l'enfant en élevant la voix, je vous le promets !

— Je prends acte de ta promesse et je vais te bénir et te confirmer. »

Nous ne saurions peindre l'émotion de tous les assistants, témoins d'une pareille scène.

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