« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

La sainte messe: Martyrs d'Abitène en 303,  martyrs de la messe

 

En 304, dans une petite localité nommée Abitène ou Abitina, située près de Membressa (actuelle ville de Medjez el-Bab)1, 49 chrétiens sont surpris un dimanche célébrant l'Eucharistie. Arrêtés le 12 février, ils sont amenés les pieds enchaînés à Carthage pour être interrogés par le proconsul Caius Annius Anullinus. Après d'atroces tortures, ils sont mis à mort.

Le pape Benoît XVI, dans le cadre du congrès eucharistique qui a lieu en 2005 à Bari (Italie), invitant les fidèles à redécouvrir la « joie du dimanche », a rendu hommage à ces premiers chrétiens.

 

La sainte Messe

Par le Père Martin de Cochem, des frères mineurs capucins

Cet ouvrage fourmille d'histoires sur la messe plus belles les unes que les autres. Nous nous proposons ici d'en reproduire certaines. et aujourd'hui:

CHAPITRE II : De l'Excellence de la sainte Messe.

§ 3. Du principal prêtre de la sainte messe

Cher lecteur, méditez les avantages que vous procure l'assistance à la sainte Messe. Rappelez-vous que Notre-Seigneur s'y offre lui-même pour vous, et que, se plaçant comme médiateur entre votre faiblesse et la justice divine, il retient le châtiment qu'appellent chaque jour vos péchés. Oh ! si vous en étiez convaincu, comme vous aimeriez le saint Sacrifice ! Comme vous soupireriez après le bonheur d'y prendre part ! Comme vous y assisteriez pieusement, comme vous souffririez d'en être privé ! Vous vous exposeriez à mille dommages dans vos biens temporels plutôt que de vous résigner au préjudice qui résulterait pour votre âme de cette omission. Les premiers Chrétiens l'avaient bien compris ; aussi aimaient-ils mieux perdre la vie que de manquer la Messe. Baronius rapporte à ce sujet le fait suivant, qui eut lieu en l'an 303 [XXXVI et seqq.].


En dépit de l'édit des empereurs Dioclétien et Maximien rendu à l'instigation de Galère, et bien que toutes les églises fussent détruites à Alluta, ville d'Afrique, beaucoup de Chrétiens, hommes et femmes, entendaient la Messe dans une maison particulière. Ils furent découverts, saisis et traînés devant le juge, sur la place publique. Le missel et les autres livres saints, que les païens leur avaient pris, furent profanés et jetés au feu. Mais, par l'intervention de Dieu, une averse soudaine, tombant sur le brasier, l’éteignit. Le juge conçut, à la vue de ce miracle, une telle émotion, qu'il envoya à Carthage les trente-quatre hommes et les dix-sept femmes arrêtés pour y être traduits devant le proconsul Anolinus

Les prisonniers firent ce trajet avec joie, en chantant continuellement des psaumes et des cantiques. Lorsqu'ils furent arrivés, l'officier qui les conduisait les présenta en ces termes au proconsul :

- Voici de misérables chrétiens que nous avons découverts dans une maison d'Alluta où, malgré votre défense, ils accomplissaient les rites de leur fausse religion.

Le magistrat fait mettre à nu l'un d'eux nommé Dativus, qui était sénateur, et ordonne qu'on lui applique le supplice de la roue. A cette vue, un autre Chrétien, appelé Télica, s'écrie :

- Pourquoi tourmentes-tu celui-ci tout seul, ô tyran ? Nous sommes tous Chrétiens et, comme lui, nous avons entendu la Messe.

Anolinus le fait aussitôt dépouiller comme son compagnon, puis suspendre et déchirer.

Pendant qu'on exécutait cet ordre, il lui demande :

- Quel a été le promoteur de la réunion ?

- Le prêtre Saturninus, répond le saint martyr, et nous tous ensemble ; mais toi, ô infortuné, tu agis contre toute justice, en nous tourmentant pour ce motif ; nous ne sommes ni des meurtriers ni des voleurs, nous n'avons commis aucun crime.

Le proconsul insiste :

- Tu aurais dû avoir égard aux ordres des empereurs et des Césars [Constance et Galère.] et abandonner ta fausse religion.

- Je ne respecte que la Loi de mon Dieu, et pour lui je suis prêt à mourir.

Alors le tyran commande de délier le martyr et de le conduire en prison.

Au même instant, un païen, frère de sainte Victoire, s'avance et accuse Dativus d'avoir conduit la jeune fille à la Messe. Victoire proteste :

- Je n'ai été à cette maison sur l'indication de personne. J'ai entendu la Messe parce que le suis chrétienne.

Son frère lui dit :

- Tu parles comme une folle.

- Je ne suis pas folle, je suis Chrétienne.

Le proconsul lui demande :

- Veux-tu t'en retourner avec ton frère ?

- Non, car je ne reconnais point cet homme pour mon frère ; mes frères et mes sœurs sont ceux qui souffrent pour Jésus-Christ. Je suis Chrétienne.

Anolinus reprend :

- Aie pitié de toi-même, et suis le conseil de ton frère.

- Je ne m'éloignerai pas de mes frères et de mes sœurs ; je confesse que j'ai entendu la messe avec eux.

Le juge commanda alors de la reconduire en prison et de mettre tout en œuvre pour la détourner de sa croyance, car elle était d'une rare beauté et appartenait à la plus illustre famille de la ville. Lorsque ses parents avaient voulu la marier contre sa volonté, elle s'était enfuie en se précipitant d'une fenêtre, et s'était fait couper les cheveux en signe de sa consécration à Dieu.
Le tyran se tourna ensuite vers le prêtre et lui dit :

- Est-ce toi qui, au mépris des ordres des empereurs et des Césars, as rassemblé cette foule ?

- Je l'ai rassemblée, par ordre du Seigneur, pour accomplir le service divin.

- Pourquoi as-tu fait cela ?

- Parce que nous ne devons pas omettre de célébrer la sainte Messe.

- Tu es donc le promoteur de cette réunion, et tu as persuadé aux autres d'y venir ?

- Oui, et j'ai dit la sainte Messe.


Alors le juge le fit dépouiller et déchirer si rudement avec des griffes de fer que ses entrailles sortaient de son corps. Après cet affreux supplice, il l'envoya rejoindre ses compagnons à la prison.
Emeritus est appelé à sa place. Anolinus lui demande :

- Est-ce dans ta maison que la messe a été dite ?

- Oui, répond le martyr

- Pourquoi as-tu violé les ordres des empereurs ?

- Je ne pouvais obéir, car ces hommes sont mes frères et nous ne pouvons pas vivre sans la sainte Messe.


Là-dessus il est déchiré, et conduit, lui aussi, en prison. Le tyran dit aux autres :

- J'espère que vous ne suivrez pas l’exemple de ces malheureux, et que vous ne jouerez pas si légèrement votre vie.

Mais les saints martyrs s'écrièrent d’une seule voix :

- Nous sommes chrétiens, et nous accomplirons la Loi de Jésus-Christ jusqu'à l'effusion de notre sang !

S'adressant à l'un d'eux, nommé Félix, Anolinus lui dit :

- Je ne te demande pas si tu es Chrétien, mais si as été à l'assemblée, et si tu as entendu la Messe.

Félix répondit :

- Quelle sotte question ! Comme si on pouvait être chrétien sans entendre la Messe ! Je te dis, affreux Satan, que nous nous sommes réunis et que nous avons assisté à la sainte Messe.

A cette réponse, le tyran s'emporte tellement qu'il jette à terre le généreux Confesseur et le fait rouer de coups jusqu'à le laisser pour mort.
Ainsi le proconsul, furieux, passa tout le jour à tourmenter les prisonniers, et, quand la nuit vint, il fit enfermer dans un cachot ceux qui respiraient encore, en défendant aux gardiens, sous peine de mort, de leur donner à boire ou à manger. Leurs parents et leurs amis, ayant obtenu la permission de les voir, leur apportèrent, en secret, sous leurs habits, quelques rafraîchissements. Mais les geôliers fouillaient avec soin les pieux visiteurs, leur enlevaient leurs provisions et les accablaient de coups.
Cependant ces fidèles amis restaient jour et nuit devant le cachot, pleurant et se lamentant. Ils espéraient attirer par là la pitié d'Anolinus sur les pauvres captifs ; mais le tyran était si opiniâtre dans sa méchanceté, qu'il laissa languir les serviteurs et les servantes de Jésus-Christ et les fit mourir par l'affreux supplice de la faim.
Cette histoire, que Baronius a tirée mot pour mot des actes qui ont servi à la canonisation des saints martyrs, démontre clairement que, dès les premiers siècles du Christianisme, les fidèles entendaient la Messe comme ils le font à présent. Elle nous prouve aussi le zèle qu'y apportaient les chrétiens, puisqu'ils aimaient mieux mourir que de la manquer. D'où leur venait cette ferveur ? De ce qu'ils en connaissaient le prix infini. A nous de puiser dans leur exemple une grande dévotion envers les saints Mystères.

 

Pour aller plus loin:

 

Commenter cet article