« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par histoires-saintes


Voici une histoire tirée de "L'enfer" par Monseigneur de Ségur :

  Le capitaine adjudant-major de Saint-Cyr

A ce sujet, laissez-moi, cher lecteur, vous raconter un fait assez curieux, qui s'est passé à l'Ecole militaire de Saint-Cyr, dans les dernières années de la Restauration.

L'Ecole avait alors pour aumônier un ecclésiastique plein d'esprit et de talent, qui portait le nom bizarre de Rigolot. Il prêchait une belle retraite aux jeunes gens de l'École, qui, chaque soir, se réunissaient à la chapelle, avant de monter au dortoir.

Un certain soir que le digne aumônier avait parlé, et admirablement parlé de l'enfer, la cérémonie étant achevée, il se retirait, un bougeoir à la main, dans son appartement, lequel était situé dans une aile réservée aux officiers. Au moment où il ouvrait sa porte, il s'entendit appeler par quelqu'un qui le suivait dans l'escalier. C'était un vieux capitaine, à la moustache grise, et à l'air peu fin.

« Pardon, M. l'aumônier, dit-il, d'une voix quelque peu ironique ; vous venez de nous faire un bien beau sermon sur l'enfer. Seulement vous avez oublié de nous dire si, dans le feu de l'enfer on serait rôti, ou grillé, ou bouilli. Pourriez-vous me le dire ? » L'aumônier, voyant à qui il avait affaire, le regarde dans le blanc des yeux, et lui mettant son bougeoir sous le nez, lui répond tranquillement : « Vous verrez cela, capitaine ! » Et il referme sa porte, ne pouvant s'empêcher de rire un peu de la, figure à la fois niaise et attrapée du pauvre capitaine.

Il n'y pensa plus ; mais à partir de ce moment, il crut s'apercevoir que le capitaine lui tournait les talons, du plus loin qu'il le voyait.

Survint la révolution de Juillet. L'aumônerie militaire fut supprimée ; celle de Saint-Cyr comme les autres. M. l'abbé Rigolot fut nommé par l'Archevêque de Paris à un autre poste non moins honorable.

Une vingtaine d'années après, le vénérable prêtre se trouvait un soir dans un salon où il y avait nombreuse société, quand il vit venir à lui une vieille moustache blanche qui le salua, lui demandant s'il n'était point l'abbé Rigolot, jadis aumônier de Saint-Cyr. Et, sur sa réponse affirmative : « Oh ! monsieur l'aumônier, lui dit avec émotion le vieux militaire, permettez-moi de vous serrer les mains et de vous exprimer toute ma reconnaissance : vous m'avez sauvé ! - Moi ! Et comment cela ? - Eh quoi ! vous ne me reconnaissez point ? Vous souvient-il d'un soir où un capitaine instructeur de l'Ecole vous ayant fait, au sortir d'un sermon sur l'enfer, une question fort ridicule, vous lui avez répondu, en lui mettant votre bougeoir sous le nez : Vous verrez cela, capitaine ? » Ce capitaine, c'était, moi. Figurez-vous que depuis lors cette parole me poursuivait partout, ainsi que la pensée que j'irais brûler en enfer. J'ai lutté dix ans ; mais enfin il a fallu me rendre. J'ai été me confesser ; je suis devenu chrétien, chrétien à la militaire, c'est-à-dire tout d'une pièce. C'est à vous que je dois ce bonheur ; et je suis bien heureux de vous rencontrer pour pouvoir vous le dire ».

Si jamais mon cher lecteur, vous entendiez quelque mauvais plaisant faire des questions saugrenues sur l'enfer et sur le feu de l'enfer, répondez avec l'abbé Rigolot « Vous verrez cela, mon bon ami ; vous verrez cela ».

Je vous garantis qu'ils n'auront pas la tentation d'y aller voir.

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Chapeau 12/12/2012 18:17


Merci pour ce joli blog. j'ai toujours beaucoup apprécié Monseigneur de Ségur


 


Merci encor

histoires saintes 12/12/2012 18:29



Merci à vous!