« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par histoires saintes

 

Ce texte est tiré de l'ouvrage de Saint Augustin: De la foi aux choses que l'on ne voit pas.  La substance peut en être facilement expliquée à un enfant si le catéchiste médite et rapporte simplement ce que saint Augustin écrit dans ce premier chapitre:

 

CHAPITRE PREMIER. DANS LES  CHOSES MÊME NATURELLES, ON CROIT SOUVENT SANS VOIR. NOUS NE VOYONS PAS LA BONNE VOLONTÉ D'UN AMI ET NOUS Y CROYONS. VOIT-ON L'AMITIÉ ?

saint-augustin.jpg

1. Plusieurs pensent qui il faut rire de la religion chrétienne plutôt que l'embrasser, parce qu'au lieu de mettre sous les yeux ce qu'on peut voir, elle oblige à croire ce qu'on ne voit pas. Pour réfuter ces hommes qui s'estiment sages en ne rien croyant de ce qu'ils ne peuvent voir, nous ne pouvons sans doute découvrir aux regards humains les objets divins de notre foi; du moins nous leur démontrons que, même dans l'ordre des choses humaines, il faut croire beaucoup de choses sans les voir. Et tout d'abord à ces insensés, tellement esclaves de leurs sens qu'ils estiment ne devoir croire que ce que les sens leur découvrent, disons que non-seulement ils croient, mais qu'ils connaissent une multitude de choses que les yeux du corps ne peuvent voir. Notre âme renferme en grand nombre des objets invisibles par nature. Pour n'en donner qu'un exemple : qu'y a-t-il de plus simple, de plus clair, de plus certain pour la vue intérieure de l'âme, que la foi même qui nous fait croire, oui que l'assurance que nous croyons une chose ou que nous ne la croyons pas, bien que cette assurance soit tout à fait étrangère à notre vue corporelle ? Comment donc ne rien croire de ce que nous ne voyons pas des yeux du corps, quand nous voyons avec certitude que nous croyons ou que nous ne croyons pas, même alors que la vue du corps ne joue aucun rôle?

2. Mais, dit-on, nous n'avons pas besoin de connaître par les yeux du corps ce qui se passe dans l'âme, puisque nous pouvons le voir dans l'âme elle-même; tandis que ce que vous voulez nous faire croire, vous ne nous le montrez ni au dehors pour nous le faire voir des yeux, du corps, ni au dedans de notre âme Pour nous le faire voir par, la pensée. Voilà ce qu'ils disent: comme si on exigeait la foi pour tout objet qui peut être présenté aux sens. Nous devons certainement croire à certaines choses temporelles que nous ne voyons pas, pour mériter de voir les choses éternelles que nous croyons. Mais, qui que lu sois, toi qui ne veux croire que ce que tu vois, voilà que tu connais les corps présents par les yeux du corps, et par ton esprit, les volontés et les pensées de ton esprit : mais dis-moi, je te prie, de quels yeux vois-tu les dispositions de ton ami envers toi? Car il est impossible de voir une volonté par les yeux du corps. Est-ce par ton esprit que tu vois ce qui se passe dans l'esprit d'un autre? Or si tu ne le vois pas, comment réponds-tu parla bienveillance à la bienveillance d'un ami, puisque tu ne crois à rien de ce que tu ne vois pas? Diras-tu, par hasard, que tu vois la volonté d'un autre par ses actes? Soit: tu verras les actes, tu entendras les paroles, mais tu croiras seulement à la volonté de ton ami, laquelle ne peut ni se voir ni s'entendre. Car cette volonté n'est pas une couleur ou une figure qui puisse frapper les yeux, ni un son ou un chant qui pénètre dans les oreilles; elle n'est point ta volonté non plus, et tu ne saurais la sentir dans ton propre coeur. Il ne te reste donc qu'à croire ce que tu ne vois pas, ce que tu n'entends pas, ce que tu ne découvres point en toi-même, si tu ne veux ni vivre dans l'abandon et l'isolement, faute d'ami, ni manquer de payer de retour l'affection qu'on te témoigne. Où est maintenant ce que tu disais tout à l'heure: que tu ne dois croire que ce que tu vois, ou extérieurement des yeux du corps, ou intérieurement dés yeux de l'âme? Voilà que de tout ton coeur tu crois à un coeur qui n'est point le tien, et que ta foi aperçoit ce que ne peuvent découvrir ni les yeux de ton corps, ni ceux de ton esprit. Tu vois par ton corps la figure de ton ami; tu vois ta propre fidélité par ton âme, mais tu ne peux aimer la fidélité de ton ami si tu n'as en retour la foi qui te fait croire à ce tu ne vois pas en lui. Du reste un homme peut tromper en feignant la bienveillance, en dissimulant sa malice; ou s'il ne songe pas à nuire, et qu'il espère tirer de toi quelque profit, il peut simuler l'amitié, parce qu'il n’a pas la charité.

3. Mais tu dis que si tu crois à ton ami, bien que tu ne puisses voir son coeur, c'est parce que tu l'as vu à l'oeuvre dans les épreuves, et que tu as connu son affection pour toi au milieu des périls,où il t’est resté fidèle. Faut-il donc, selon toi, souhaiter d'être malheureux, pour nous assurer de l'attachement de nos amis? Pour goûter avec certitude le bonheur d'avoir des amis, il faudra donc être en proie à  l’adversité ? On ne jouira d'une amitié éprouvée, qu'au prix de la douleur et de la crainte ?  Et comment ne pas redouter plutôt, que désirer, un bonheur, qui a le malheur pour pierre de touche? Et cependant il est vrai qu'on peut voir un véritable ami dans la prospérité, mais qu'on n'en est sûr que dans l'adversité.

Certainement tu ne te jetterais pas dans le danger pour éprouver un ami, si tu n'avais la foi; et si tu t’y engages pour l'éprouver, c’est parce que tu crois d’abord et avant l’épreuve même. En effet si nous ne devons pas croire aux choses que nous ne voyons pas, bien que nous croyions au coeur d’un ami qui n'a, pas encore été éprouvé; même quand nous avons fait cette épreuve à nos dépens, nous croyons encore à la bienveillance plutôt que nous ne la  voyons; à moins qu'on ne dise  alors que la foi est si grande que nous nous imaginons voir par ses yeux ce que nous croyons au lieu que nous devons croire parce que nous ne pouvons voir.

Commenter cet article