« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

QUATORZIÈME LEÇON : Le Mystère de la Rédemption.
 
QUINZIÈME LEÇON : La  Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
 
SEIZIÈME LEÇON : La Divinité de Jésus-Christ.

Le Crucifix du Diable.

 

La légende que j'entreprends de rapporter ici, au sujet du fameux tableau d'Aquila, si connu sous le nom de Crucifix du Diable, me fut un jour racontée par un vieux colporteur italien doué de beaucoup de sens et de beaucoup d'esprit. Comme je savais qu'il était de l'Abruzze Ultérieure, je lui manifestai le désir que j'avais de connaître la légende telle qu'on la raconte dans son pays. Voici à peu prés en quels termes il s'exprima :

 

Il y a de cela, dit-il, environ cent cinquante ans. Un jeune comte, que la mort prématurée de ses parents avait rendu orphelin de très bonne heure, habitait le château dont on voit les ruines sur la montagne qui domine la ville d'Aquila. Privé des conseils de sa mère, ce jeune homme ne tarda pas à perdre les bonnes habitudes auxquelles cette pieuse femme l'avait accoutumé dés son âge le plus tendre; ii se laissa emporter par la fougue de ses passions, et bientôt on ne le connut plus que par sa vie dissipée, son luxe et ses folles dépenses. Celui dont le cœur avait puisé dans sa première éducation le germe des vertus qui devaient faire son bonheur toute la vie, ne se fit connaître que par le dérèglement de sa conduite et par ses scandales. En compagnie de jeunes débauchés qui se disaient ses amis, il passait sa vie dans des orgies continuelles, ruinant par là sa santé aussi bien que son patrimoine.

 

Enfin, les plaisirs monotones dont il jouissait dans son château le fatiguèrent et il résolut d'aller porter au loin ses folies. Comme Paris lui semblait la ville la plus propre à flatter ses passions, il s'y rendit. Il trouva dans la Babylone moderne un aliment à toutes les voluptés qui le pouvaient séduire, mais des sommes énormes qu'il perdit au jeu l'obligèrent à retourner à Aquila. Un grand malheur l'y attendait.

 

Informé du retour prochain de son maître, l'intendant du château avait trouvé un bon moyen de faire sa fortune d'un seul coup. Il s'était emparé d'un coffre-fort qui renfermait des valeurs considérables, de tous les objets d'art les plus précieux, et avait prudemment pris la fuite.

 

Quand le jeune comte fut rentré chez lui et qu'il eut appris ce funeste événement, il se laissa aller à une sombre mélancolie. A peine ses fidèles amis eurent-ils appris qu'il était complètement ruiné, qu'ils se retirèrent tous insensiblement et l'abandonnèrent à son malheureux sort. En proie au désespoir le plus violent, il résolut enfin de se donner la mort. Comme il était un jour plus décidé que jamais à mettre fin à ses jours :

 

« Eh bien ! s'écria-t-il avec frénésie, puisque je ne possède plus rien que mon misérable château, je vais me tuer, car, à moins que le diable ne vienne me tirer d'affaire, je ne peux plus vivre ainsi déshonoré. »


II n'avait pas achevé ces paroles qu'un domestique vint annoncer :

 

« Messire Satan! »

 

« Faites entrer », dit le jeune homme un peu déconcerté.


Le domestique se retira pour faire place à un homme de trente-cinq à trente-six ans, vêtu à la manière du pays, portant un pantalon collant de couleur rouge, un justaucorps noir, fendu aux articulations des bras, dont les crevés laissaient voir une doublure couleur de feu. Sa tête était couverte d'une toque noire, coiffure à laquelle une grande plume rouge donnait par ses ondulations une grâce toute particulière. Quant à ses souliers, ils étaient arrondis du bout, et un grand ergot, pareil à celui d'un coq, paraissait destiné à lui servir d'éperon lorsque son bon plaisir était de voyager à cheval.


Après les compliments d'usage, le comte s'assit dans un fauteuil, le diable dans un autre; le jeune homme mit ses pieds sur les chenêts, le diable posa tout bonnement les siens dans la braise.

 

— Eh bien ! mon brave ami, vous avez donc besoin de moi?
— J'avoue, monseigneur, répondit le jeune homme, que votre aide ne me serait pas inutile.
— Je venais justement vous offrir mes services.
— Eh bien! il ne s'agit que de nous entendre... sur... Le jeune homme hésita.
— Sur le prix, continua Satan, en se balançant sur les pieds de derrière de sa chaise.
— Oui, répondit le jeune homme, sentant que c'était là que l'affaire allait s'embrouiller.
— Oh ! d'abord, reprit Satan en regardant son interlocuteur avec une certaine expression de malice, en affilant ses griffes avec le canif du comte, je serai de bonne composition sur ce point.
— Cela me rassure un peu, dit le comte; mais quel que soit le nombre de marcs d'or et d'argent que vous me demandiez, je crois qu'il me sera impossible de vous satisfaire.
— Eh ! quel besoin ai-je de votre or et de votre argent? reprit le diable; j'en fais quand je veux. Tenez!
Il prit un charbon tout rouge au milieu du feu, comme s'il eût pris une praline dans une bonbonnière.
— Tendez la main, dit-il au jeune homme qui hésitait.

 

Et il lui mit entre les doigts un lingot de l'or le plus pur, et aussi froid que s'il fût sorti de la mine.

 

— Je comprends, dit le comte, que, si l'or ne vous coûte pas plus de peine à faire, vous aimiez autant qu'on vous paye avec une autre monnaie; mais, comme je ne sais pas ce qui peut vous être agréable, je vous prierai de faire vos conditions vous-même.
Satan réfléchit un instant.

 

— Je désire d'abord, dit-il, que votre âme m'appartienne.

 

— Soit, dit le comte.

 

— Rédigeons l'acte, continua Satan.

 

— Dictez vous-même.

 

Le comte se prépara à écrire.

 

« Cinq minutes après, un sous-seing privé, en bonne forme, était signé par Satan et le jeune comte. Le premier s'engageait formellement à rendre la fortune du comte aussi grande qu'auparavant, et celui-ci, de son côté, concédait, en payement de ce bienfait, son âme, le malheureux!

 

— Mais, dit Satan, ce n'est pas tout; il faut maintenant que vous fouliez le Christ aux pieds.

 

Le pauvre jeune homme était tellement engagé dans la pente du mal qu'il n'eut pas la force de refuser son consentement à ce dernier crime. Aussitôt, le diable tirant une toile de dessous son justaucorps la déplie sur le parquet et, en quelques coups de pinceau, il représente dessus un Christ en croix d'une beauté inimitable.

 

— Accomplissez votre promesse, dit alors Satan. Le jeune homme s'avance et déjà, levant le pied, il était prêt à commettre cet horrible sacrilège quand, portant ses regards sur l'auguste figure du Rédempteur, il est tellement frappé de l'air de douceur et de bonté répandu sur ce céleste visage, qu'instinctivement il fait un signe de croix et, tombant à genoux malgré les rugissements de colère du diable, il se met à adorer le Christ et fondre en larmes. Le repentir le plus sincère était entré dans ce cœur égaré.

 

Satan était arrivé au paroxysme de la fureur. Il avait compté sur l'âme du jeune comte, il se voyait malheureusement obligé de l'abandonner à Dieu. Au moment où, pour se venger, il se préparait à renverser le châtelain, il aperçut le clergé d'Aquila qui, averti de sa présence par le domestique qui l'avait introduit, et qui était un bon chrétien, venait, croix en tête et bannière déployée, chasser le prince des ténèbres. A cette vue, Satan prit aussitôt la fuite. Le Crucifix du Diable fut magnifiquement encadré et transporté en grande pompe dans l'église principale d'Aquila où il se trouve encore présentement.

 

Quant au jeune comte, il alla le jour même au tribunal de la pénitence recevoir l'absolution de ses égarements et, un mois après; il entrait dans un couvent de Bénédictins pour réparer, par une vie exclusivement consacrée à Dieu, les désordres de sa jeunesse et surtout sa dernière et grande faute.

 

NB: je n'ai rien trouvé sur internet ou ailleurs qui parle de ce fameux crucifix, si quelqu'un trouve de la documentation, je serais très intéressé!

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Giuseppe Cassaro 26/04/2014 23:46

Cette histoire ne s’a passé pas a L’Aquila, mais le crucifix du diable a été étudié par Giuseppe Orlandi : http://www.santalfonsoedintorni.it/Spicilegium/40/SH-40-1992(II)205-234.pdf . Je voudrais savoir, s’il vous plais, où vous avez trouvé cette histoire. Merci

histoires saintes 28/04/2014 13:13

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