« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

VINGT-TROISIÈME LEÇON

La rémission des péchés.
 
VINGT-QUATRIÈME LEÇON
 
Les fins dernières de l'homme.
 
Un revenant du Purgatoire. Récit récent et authentique.

 

En 1887, mourait à Jérusalem un religieux dominicain fort connu, le P. Mathieu Lecomte, prédicateur renommé, dont la voix apostolique s'était fait entendre dans presque toutes les cathédrales de France et avait opéré d'innombrables conversions. Homme entreprenant et énergique, il avait consacré les dernières années de sa vie à la fondation d'un couvent de son ordre à Jérusalem, sur l'emplacement même où le premier martyr donna son sang pour Jésus-Christ. C'est le couvent de Saint-Etienne de Jérusalem, maintenant célèbre en tous lieux par ses études bibliques.
Tombé malade, il dut s'aliter à l'hôpital français de cette ville, et ce fut pour ne plus se relever. A son chevet, pour le soigner, veillait une religieuse française, dont nous tairons le nom parce qu'elle vit encore, et à laquelle il avait rendu, comme père spirituel, — elle-même nous l'a dit, — de très signalés services. Elle l'entoura de toutes ses sollicitudes, mais ne put vaincre le mal qui empirait toujours. A l'approche de la mort, le P. Mathieu Lecomte s'effrayait beaucoup du compte qu'il aurait à rendre à Dieu. En vain lui rappelait-elle, pour l'encourager, ses travaux apostoliques, sa vie religieuse, les conversions qu'il avait faites...


— Ma fille, lui dit-il de sa voix presque éteinte, il ne suffit pas de faire des choses bonnes pour plaire à Dieu, il faut encore les accomplir avec une telle pureté d'intention !... Oh ! quand je ne serai plus, priez beaucoup pour moi!

 

Elle le lui promit. Et, comme ses appréhensions continuaient :

 

— Oui, ajouta-t-elle, je prierai beaucoup pour vous. D'ailleurs, si vous en avez besoin, venez me le dire et je ferai plus encore.

 

— Mon enfant, reprit le Père en souriant doucement, on ne revient pas ainsi de l'autre monde...

 

— Demandez-le à Dieu. Quoi qu'il en soit, je vous promets de ne rien omettre de ce que je pourrai pour vous aider à entrer au ciel.

 

Le P. Lecomte mourut quelques jours après et fut  enseveli avec de grands honneurs dans un antique caveau découvert pendant les fouilles sous le couvent de Saint-Etienne.
La religieuse pria pour le défunt quelques semaines et, entraînée par ses occupations, comme il arrive d'habitude, elle l'oublia.
Or, un jour, travaillant dans sa chambre, elle entend tout à coup un bruit épouvantable; une odeur étrange et pénible, analogue à celle du soufre et de fumée, se fait sentir, et une voix suppliante, qu'elle reconnaît à l'instant pour celle du religieux mort, lui adresse ces paroles :

 

— Ma fille, oh! priez pour moi. Je souffre horriblement...

 

Et tout se dissipa peu à peu.

 

Quinze jours plus tard, mêmes phénomènes avec moins d'intensité. Le défunt déclara qu'il avait été soulagé par les prières, communions, rosaires, pénitences et autres bonnes œuvres de la religieuse et ajouta :

 

— Ma fille, merci; votre charité m'a été utile, vos prières étaient une rosée abondante qui tombait sur les flammes et en adoucissait la rigueur... Allez trouver le supérieur du couvent que j'ai fondé et demandez-lui de ma part, pour ma délivrance complète, une neuvaine de messes.

 

Sans retard elle transmet le message. Le P, Menier, qui la reçut, écoute sans manifester ses sentiments l'étrange récit; mais tout en la conduisant poliment vers la porte de sortie pour prendre congé d'elle, il concluait, comme malgré lui, à quelque hallucination. Après son départ cependant, réfléchissant à l'accent convaincu de la sœur, à son bon sens connu de tous, à sa vertu qui ne permettait pas de supposer un mensonge : « Je célébrerai les neuf messes, se dit-il. Quand bien même l'apparition ne serait qu'illusoire, le P. Lecomte en aura le bénéfice. » Et dès le lendemain, sans dire mot à personne de de qui s'était passé, il commença la neuvaine.


A la fin du neuvième jour, les religieux de la communauté rentraient le soir dans leurs cellules pour prendre leur repos. Un excellent Frère convers, nature positive, active et moins rêveuse qu'aucune autre, entend frapper à sa porte.

 

— Entrez ! dit-il.

 

Et quelle ne fut pas sa stupéfaction en voyant entrer le P. Mathieu Lecomte, radieux et débordant en quelque sorte de bonheur! Le défunt s'avance vers lui en souriant, comme pendant sa vie, et lui demande des nouvelles du couvent.

 

— Père, nous allons bien, quel vide a fait parmi nous votre départ!

 

— Courage, répondit-il. Je monte au ciel. De là-haut je vous serai plus utile que sur terre.

 

Ce disant, il serra affectueusement la main du religieux — dont nous tairons le nom parce que lui aussi vit encore, — mais avec une telle vigueur que, plus d'un jour après, celui-ci s'en ressentait encore. Puis il retourna vers la porte de la cellule qu'il ferma derrière lui, après être sorti. Le Frère eut beau la rouvrir aussitôt. il ne vit et n'entendit plus rien : c'était la solitude de la nuit.

 

Il court immédiatement et tout effaré chez son supérieur et lui raconte, avec l'émotion que l'on conçoit, ce qui vient de se passer. Celui-ci compare les dates si pleinement concordantes des deux apparitions et les apparitions des deux témoins qui ne s'étaient pas vus et dont la bonne foi est à l'abri de tout soupçon. Lui-même nous a raconté tous ces détails à Lyon, quelques mois plus tard; c'est de sa bouche que nous les avons entendus et ils ont fait beaucoup de bruit à Jérusalem.

 

Ayant eu la grande consolation de faire en 1900 le voyage de Palestine, nous nous gardâmes de passer dans la Ville sainte sans interroger la religieuse hospitalière et le Frère dominicain. Tous les deux nous réitérèrent le récit qui vient d'être fait, avec simplicité et sans l'ombre d'une hésitation.

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lalie 24/02/2015 21:40

Gloire à Dieu qui écoute nos humbles prières et qui est miséricordieux! Que Dieu nous garde!
Oh Seigneur, ayez pitié de nous pauvres pécheurs!
Accordez nous votre pardon et ne nous jugez pas selon le nombre de nos erreurs mais ddélivrez nous par votre éternel Amour...amen!