« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par histoires saintes

« Une femme s’accusait à saint Philippe Néri d’être sujette à médire du prochain.


- Et commettez-vous fréquemment cette faute ?

 

- Oui, très fréquemment, répondit la pénitente.

 

En présence d’un aveu si franc, l’habile directeur comprit qu’il y avait dans la mauvaise habitude de cette chrétienne plus d’étourderie et de légèreté que de perversité réfléchie. Il fallait, avant tout, éclairer cette âme sur les suites fâcheuses du péché qu’elle commettait avec une si déplorable facilité.

 

« Ma chère fille, dit saint Philippe, votre faute est grande. Mais la miséricorde de Dieu, est plus grande encore. Avec la volonté énergique de vous corriger, et en ayant fréquemment recours à la prière, je ne doute pas que vous ne triomphiez bientôt de cette mauvaise inclination. Pour votre pénitence, voici ce que vous ferez : Vous irez au marché voisin. Vous achèterez une poule récemment tuée et couverte encore de ses plumes. Vous vous acheminerez ensuite hors de la ville, jusqu’à un point déterminé, en faisant plusieurs détours, et en plumant la poule que vous tiendrez en vos mains pendant toute la durée de la promenade. Votre course finie, et la poule plumée, vous reviendrez me trouver pour me rendre compte de votre ponctualité à remplir l’ordre que je vous donne au nom du Dieu dont je suis le ministre. »

 

Inutile de dire l’étonnement de cette femme si étrangement punie par un saint religieux incapable assurément d’une plaisanterie, surtout dans l’exercice de son auguste ministère.

 

« J’obéirai, mon père, dit-elle en faisant taire toute objection dans son esprit, j’obéirai. »POULE PONDEUSE

 

Et la voilà qui se rend au marché voisin, achète une poule, puis se met en route en la plumant, comme elle en avait reçu l’ordre. Bientôt elle revient vers son confesseur, empressée de lui faire part de son exactitude, et désireuse aussi d’avoir l’explication d’une si singulière pénitence.

 

- Ah ! dit le saint, vous avez fidèlement suivi la première partie de mon ordonnance comme médecin de votre âme ; accomplissez maintenant la seconde, et vous serez guérie. Retournez à l’endroit d’où vous arrivez, repassez par les mêmes chemins, et ramassez une à une toutes les plumes de la poule que vous venez de dépouiller.
- Mais c’est impossible, s’écria la pauvre femme, au comble de la surprise, c’est impossible. J’ai semé ces plumes au hasard et de tous les côtés de ma route : le vent les a emportées dans les directions les plus opposées. Comment voulez-vous, mon père, que je puisse les retrouver maintenant ?
- Eh bien ! mon enfant, dit le bon religieux, les médisances sont comme ces plumes que vous renoncez à pouvoir rattraper une fois que le vent les a dispersées. Vos paroles funestes sont allées dans toutes les directions ; rattrapez-les maintenant si vous le pouvez !... Allez, et ne péchez plus.

 

L’histoire ne nous dit pas si la bonne femme se corrigea, mais c’est probable. Cette leçon emporte la pièce ; il fallait être un saint pour la trouver, il faudrait être un sot pour ne pas en tirer profit. »

"Le catéchisme en exemples", 2ème éd. revue, Librairie de J. Lefort, Lille-Paris, s.d. (1867).


source

Commenter cet article