« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

DEUXIÈME PARTIE

Les commandements à pratiquer


TRENTE-TROISIÈME LEÇON

La vie du prochain.

Un contre quatre.

Ces années dernières s'éteignait à Roubaix un vieillard de quatre-vingt-six ans, nommé François Agache. C'était un bedeau pénitent, qui, par suite de son ignorance et de son faux zèle, avait été excommunié pour duel dans sa jeunesse; l'histoire de son épopée contient des circonstances atténuantes que nous allons raconter.


En 1849, un vicaire de Notre-Dame conduisit un mort au cimetière, avec Agache comme bedeau.
Les porteurs — libre-penseurs, sans doute — trouvèrent bon, pendant le parcours, d'adresser au jeune vicaire des propos inconvenants et de lui faire des avanies.
En sortant du cimetière, le bedeau leur reprocha leur conduite. Ceux-ci répondirent par des injures; Agache riposta. Un des porteurs arriva à lui dire que, s'il était autre chose qu'un rat d'église et un mangeur de chandelles, il viendrait sur le terrain avec lui, mais qu'il était trop lâche pour cela.

« Le mangeur de chandelles ne fera de vous qu'une bouchée, répond Agache, piqué au vif; il accepte non seulement avec vous, mais avec vous quatre, chacun son tour. »
Heure est prise pour le lendemain matin.
On fut fidèle au rendez-vous.

Les quatre insulteurs se promettaient d'avoir facilement raison du rat d'église, dont l'air bonhomme n'avait absolument rien de redoutable.
En garde! — Une! deux! trois! et le bedeau fait sauter l'arme de la main du premier adversaire; le deuxième a le même sort; le troisième attrape une bonne piqûre à l'avant-bras; enfin le quatrième s'esquive prudemment.

Le lendemain, le doyen de Notre-Dame, M. Desprez, devenu plus tard cardinal-archevêque de Toulouse, fit venir le bedeau, et lui adressa des reproches :

- Dieu et l'Eglise défendent le duel, lui fit-il observer.

Mais, monsieur le doyen, c'était justement pour Dieu et pour l'Eglise que je me battais, riposta l'honnête bedeau; et c'est tellement vrai, qu'à chaque botte que je portais à l'un de ces mécréants, j'avais soin de lui dire :
Pour notre Mère la sainte Eglise! une!
Pour Notre Saint Père le Pape! deux!
« Pour M. le doyen! trois! »

Et comme le troisième avait dit surtout du mal de la Sainte Vierge, quand je l'ai touché au bras, je lui avais bien dit en me fendant : « Pour Notre-Dame du Perpétuel Secours! »

Le futur cardinal éclaira son bedeau, le fit relever des censures après lui avoir fait jurer de ne plus se battre en duel, même pour la Sainte Vierge. Il a tenu sa promesse jusqu'à quatre-vingt-six ans, et les quatre porteurs de son cercueil, quoiqu'ils n'eussent plus rien à craindre de son épée, étaient fort recueillis.

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