« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

HISTOIRES pour l'Explication du Catéchisme à l'usage des Diocèses de France

DEUXIÈME PARTIE

QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON

Le péché.

QUARANTE-CINQUIEME LEÇON

Les vices ou péchés capitaux.


Le moine dormeur

Il y a peu de temps, raconte Louis Veuillot, vivait à la Part-Dieu un Père que le plus invincible penchant au sommeil contrariait étrangement. Avec la meilleure volonté du monde, il ne pouvait s'éveiller à onze heures pour aller chanter Matines. Or, la nature, qui l'avait fait si dormeur, l'avait fait aussi bon mécanicien. Sans études, sans notions aucune des mathématiques, à force de réflexion et de travail il avait fabriqué une horloge parfaite. Il ajouta d'abord à la sonnerie, en forme de réveil-matin, un rude carillon qui fut insuffisant ; et bientôt, aux angles et au milieu du petit chapiteau qui couronnait le cadran, un merle, un coq et un tambour.
A l'heure dite, tout cela faisait tapage ; pendant quelques nuits, les choses allèrent bien. Mais, au bout d'un certain temps, lorsque 11 heures sonnait, le carillon carillonnait, le merle sifflait, le coq chantait, le tambour battait... et le moine ronflait.
Un autre se serait découragé. Le Père, invoquant son génie, machina bien vite un serpent, qui, placé sous sa tête, venait toujours à onze heures lui siffler dans l'oreille :
— Il est temps, levez-vous !
Le serpent fut plus habile que le merle, le coq, le tambour, le carillon, lesquels n'en faisaient pas moins un petit tintamarre supplémentaire.
C'était merveille, et le Chartreux ne manquait jamais de se réveiller. Hélas! au milieu de sa joie, il fit une triste découverte. Il ne s'était cru que dormeur, il hésitait à quitter sa dure couchette ; il perdait bien une minute à savourer la douceur de se sentir au lit, refermant un œil et jouant à dormir. Cela demandait réforme.
Le religieux se sentait coupable et le mécanicien se trouvait humilié ; le diable avait trop l'air de narguer l'un et l'autre, il fallait reprendre le dessus.
Aussitôt une lourde planche est disposée au-dessus du lit, de telle sorte qu'elle tombe rudement sur les pieds du paresseux, dix secondes après l'avertissement charitable du serpent.
Plus d'une fois le pauvre Père se rendit au chœur tout boiteux et meurtri. Eh bien ! le croirait-on ? soit que le serpent eut perdu son fausset, que la planche avec le temps fit devenue moins pesante, le vieillard plus dormeur ; soit que ses jambes fussent endurcies, ou qu'il eut pris la criminelle habitude de les retirer avant que le châtiment tombât, il ne tarda pas à sentir la nécessité d'une autre invention, et tous les soirs, avant de se coucher, il se lie au bras une forte corde, qui, à l'heure fatale, se tend sans crier gare et le jette à bas du lit.
Il en était là. Dieu sait quels nouveaux projets somnicides il roulait dans sa tête, lorsqu'il se sentit endormir pour toujours... Endormir, oh ! non, le fervent chrétien n'en jugea pas de la sorte, et, malgré son petit péché de paresse, plein de confiance en celui qui pardonne :
— Ah ! s'écria-t-il, je m'éveille enfin !
Ce fut son dernier mot.

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