« Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

" Le Christ n'enlève rien et il donne tout " (Benoît XVI)

Notre dame du Sacré Coeur

" Monsieur l'abbé, vous pouvez nous raconter des histoires? "

Au camp d'été, deux louvettes, élèves du catéchisme pendant l'année, se souvenaient que leur aumônier racontait de saintes histoires pour illustrer les cours du mercredi après-midi. Quand les activités leur laissaient un peu de répit et qu'elles voyaient au loin l'abbé, elles courraient vers lui et avec un grand sourire lui demandaient:

" Monsieur l'abbé vous pouvez nous raconter des histoires? "

Et monsieur l'abbé répondait:

"Vous voulez des histoires ? Venez on va s'asseoir à l'ombre. Connaissez vous celle de...?"

On s'asseyait et en quelques instants ce n'étaient pas deux mais cinq, six, dix louvettes qui accouraient pour écouter.

Bienvenue sur le blog "Histoires saintes" animé par un prêtre. Bien souvent les catéchistes cherchent à illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires visant à captiver l'attention des enfants tout en gravant les vérités saintes dans leur esprit et dans leur cœur. Ce blog voudrait leur faciliter la  tache.

Publié par Histoires saintes

L’art de se confesser

Ces propos intéresseront tout le monde, mais particulièrement les pénitents réguliers.

Parfois l’habitude de la confession peut dégénérer en routine. Combien sont ceux qui se lamentent sur la banalité de leurs confessions, sur le peu de fruits et le peu d’intérêt des propos de leur confes­seur… Or se confesser est un “art”. Alors, si le formalisme s’établit, c’est avant tout par la faute du pénitent. Il ne dépend donc que de lui de garder intacte sa vitalité reli­gieuse. Ainsi, bien comprise, la confes­sion peut être un sérieux appui pour la vie spirituelle.

Remarquons que la confession n’est ni le tout ni le principal du sacrement de pénitence, lequel comporte un regret, un aveu, une absolution et une réparation. Le regret est plus essentiel que l’aveu d’ailleurs… Il faut en effet moins s’in­quié­ter d’être complet que d’être contrit. Une confession bien préparée vient plus d’un sincère regret de ses fautes, d’une sincère intention de ne pas retomber plutôt que d’un examen de conscience exhaustif.

A qui me confesser ?

Pour dire que cela tient moins aux qualités du confesseur qu’à celles du Christ qu’il représente. Les considérations hu­maines, bien que légitimes en particulier pour les conseils donnés, sont à tenir en marge du sacrement malgré tout. Ainsi, le sacrement n’est pas constitué par les conseils mais par le Pardon du Christ.

Par conséquent, on ne diffère pas la confession d’un péché mortel en raison de l’absence de “son” confesseur ! Le confes­seur est avant tout ministre du Christ. Il est son oreille, sa sagesse puis sa bouche (même s’il demeure important d’avoir un [seul] confesseur).

Notons que si je dois avouer mes fautes par un prêtre, et donc devant l’Eglise, outre le fait que le Christ l’a com­mandé, c’est parce que je suis membre de l’Eglise que j’ai également offensée par mes péchés contre Dieu.

Si j’ai un confesseur régulier, il peut savoir à qui il a à faire, connaître mes tendances, mes faiblesses,… Et toujours changer de confesseur peut être la marque d’une faible contrition (en particulier dans le manque de volonté de se corriger).

Avant tout de sens droit, de jugement sûr, si possible saint, équilibré, perspicace, et enfin exigeant (le confesseur bonasse risque de vous laisser croupir dans votre péché dont vous voulez pourtant vous débarrasser ! ). La première règle, c’est de lui faire confiance, en vous ouvrant à lui franchement.

Le critère de choix, c’est qu’il soit tel qu’il ne vous paralyse pas et que volontiers vous le considériez comme un Père, compréhensif, capable de réaliser votre cas et de s’y intéresser, ouvert aux réalités de la vie, sûr dans ses diagnostics et d’une bonté ferme dans ses conseils.

Mais si vous ne le trouvez pas, ne vous désolez pas pour autant. Tout prêtre a la grâce d’état car c’est toujours l’Esprit-Saint qui agit malgré tout. Et si vous le trouvez, n’en changez pas facilement; ne soyez donc pas troublé par quelques impressions, froissements d’amour-propre ou exigences de part ou d’autre.

De quels péchés vais-je m’accuser ?

… car je ne saurais accuser toutes mes fautes ! Alors, je dois choisir…

Confessez évidemment tous vos péchés mortels en vous accusant de vos actes et non de leur nature (“j’ai commis tel péché…” et non pas “j’ai commis un péché mortel”). Notez que le refus volontaire de l’accusation d’un d’entre eux serait sacrilège et rendrait la confession nulle ! Réfléchissez : vous ne pouvez être à la fois en amitié et en hostilité avec Dieu.

La difficulté peut être de savoir quand il y a péché mortel. Car tout le monde connaît la théorie : matière grave, pleine connaissance et plein consentement. Mais pratiquement…? La matière est-elle grave ? Ai-je vraiment consenti ? Pour la première question, le confesseur peut y ré­pondre. Pour la seconde, le fait de vous poser loyalement et en conscience la question, donc le fait de ne pas être sûr du consentement, c’est déjà répondre que n’avez pas consenti. Il faudra malgré tout, pour lever votre doute et progresser, accuser vos péchés douteux (même si vous pouvez en soi recevoir la sainte Eucha­ristie). Retenez qu’un péché qui mérite la séparation d’avec Dieu pour l’éternité ne se commet pas sans que vous ayez une claire conscience de sa gravité (attendu que vous soyez formé sur la nature des péchés…).

La règle veut par conséquent que vous vous accusiez d’abord de vos péchés graves s’il y en a.

Ils sont difficiles à accuser car, normalement, beaucoup plus nombreux. « La confession m’ennuie, car j’ai toujours la même chose à dire … ». Cette réflexion révèle souvent qu’on ne sait pas s’accuser.

Tout d’abord, rappelez-vous que le péché est un acte et non un état. Il faut dire “j’ai menti deux fois à mes parents parce que je ne voulais pas qu’ils sachent que je fume ” plutôt que “Je suis menteur”. L’acte est à la tendance ce que le fruit est à l’arbre. Ainsi, depuis votre dernière confes­sion, vous pouvez toujours avoir une tendance au mensonge sans pour autant avoir menti depuis.

Dire “j’ai menti, j’ai été paresseux,…” n’est guère plus profitable. Cette accusation manque de couleur ou de signalement particulier de la part du pénitent.

De même, une énumération ex­haustive de la totalité de vos péchés ne permettra pas non plus au confesseur de donner son avis dominant.

Le péché véniel est matière libre (que vous n’êtes pas tenu d’accuser car l’acte de contrition peut suffire à en obtenir le pardon). Une confession de péchés véniels seuls constitue un moyen de sancti­fication et non une démarche nécessaire au salut. Elle est un recours au sang puri­ficateur de Jésus-Christ, un exercice d’humilité fondé sur la connais­sance de soi.

Dans ce domaine, vous êtes libre d’accuser les péchés que vous voulez, c’est-à-dire ceux que votre conscience convenablement examinée vous indiquera comme étant les plus enracinés, les plus fréquents et les plus dangereux pour votre vie intérieure.

Pour cela, votre conscience doit déterminer l’importance de telle faute dans votre vie spirituelle. L’accusation de quel­ques fautes peut donc suffire pour vous montrer tel que vous êtes sous le regard de Dieu. Dire “j’ai menti” ne signifie rien car « tout homme est menteur » dit le psaume ! Dire de quelle manière, à qui, dans quelles circonstances et pourquoi vous avez commis tel péché. Ainsi, ne pas dire “j’ai manqué à la charité” mais plutôt “j’ai dit une parole blessante à mon petit frère pour avoir raison”.
Enfin, il vous faut accuser des actes précis, avec leurs circonstances et avec les meilleurs termes, sans histoire ni état d’âme : c’est humiliant et cela vous force à vous voir tel que vous êtes. Les conseils du confesseur en seront d’autant meilleurs.

De quelle manière accuser mes fautes ?

La primauté de la valeur du sacrement de pénitence revient à la purification par le sang du Christ obtenue par le regret et non à l’exhortation du confesseur. Votre confession doit davantage être un aveu de vos fautes (confiteor) qu’une énumération par formalité. Elle est une affaire d’amour. Pour cela, il convient à chaque faute de dire “je m’accuse de…

Par humiliation, il est parfois bon de se reconnaître à nouveau coupable d’une faute déjà pardonnée, tout comme il peut être bon en raison des circonstances de faire une confession générale.

Le ferme propos de ne plus pécher

Ce n’est pas manquer de sincérité que de vous accuser d’une faute en promettant de ne plus la commettre… “prévoir qu’on retombera” n’est pas “vouloir retomber”. Avoir le sentiment aigu de votre faiblesse n’est pas ne pas avoir de contrition. Dieu ne vous demande pas d’être sûr de ne pas retomber (ce qui serait présomptueux) mais d’avoir l’intention de tout faire, avec l’aide de la grâce, pour éviter de pécher.

Car si le sacrement de pénitence est un moyen de progrès, ce n’est pas tellement par l’effort psychologique du pénitent mais c’est parce qu’il applique à votre âme malade le sang expiatoire et méritoire de Jésus-Christ pour vos luttes avenir. Ainsi, votre ferme propos de ne plus pécher et votre confiance reposent sur la grâce et la prière.

Enfin, votre accusation doit s’achever par une résolution à prendre dans votre comportement, résolution tenue par la volonté et accomplie par la grâce. Pour cela, il vous faut être éclairé sur les cir­constances de votre péché (dominant); cela est précieux afin de mieux le fuir; et faire état de cette résolution à la fin de votre confession constitue une aide précieuse.

Ainsi pratiquée, votre confession prendra place comme un puissant moyen de sanctification et non comme une routine. Aller au tribunal de la Pénitence, c’est aller au Christ en Croix. Conscient de votre misère, confiant en la miséricorde, vous songerez toujours à dire “Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi; je ne suis pas digne d’être appelé ton fils” et à entendre “Va en paix, mon fils, ta foi t’a sauvé

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